Sur la décision de Trump sur Jérusalem



La décision de Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël est contestable à plusieurs égards.

D’abord, elle confirme et légitime, aux yeux de ses partisans, un fait accompli ; ensuite, elle accélère la colonisation et l’annexion de nouveaux territoires contestés ; enfin, elle éloigne toute perspective de paix entre Israéliens et Palestiniens, et par extension, entre Juifs et Musulmans.

Cette décision ôte le rôle d’arbitre aux Etats-Unis et alimente et justifie à l’avenir les tentations d’autres pays à occuper et annexer d’autres territoires…

Cette reconnaissance est contreproductive. Car elle nourrit les plus radicaux, comme le Hamas, le Hezbollah et les autres mouvements djihadistes comme Al-Qaïda et Daech, tout comme elle alimente l’antisémitisme. La décision de Trump apporte de l’eau à leur moulin et confirme leur slogan : « l’ennemi sioniste ne comprend que le langage de la force ». Nous devrions donc s’attendre à une flambée de violence et de terrorisme de nouvelle génération, qui inclut désormais tous les musulmans, où qu’ils se trouvent. C’est l’art des Américains de fabriquer et de renforcer leurs ennemis !

Par-dessus tout, la décision de Trump est très malvenue car elle met en porte-à-faux tous les alliés arabes et musulmans des Etats-Unis.

Les régimes égyptien, saoudien et jordanien notamment sont ainsi désavoués. Leur opinion publique, farouchement hostile à cette politique américaine pro-israélienne, sera sans doute tentée de rejoindre l’axe iranien. Ces régimes alliés, censés se rapprocher d’Israël, seront fragilisés et menacés. La décision de Trump vient de renforcer considérablement l’Iran, au moment où Washington et Tel-Aviv affirment vouloir combattre et réduire ses ambitions nucléaires et balistiques.

Jérusalem est revendiquée par les trois religions monothéistes. Aujourd’hui, la décision de Trump suscite la passion des Musulmans, dont la mobilisation alimente la crainte des Juifs. Dans ce contexte, les Chrétiens d’Orient, déjà en danger, sont contraints de s’allier aux Musulmans pour défendre leur ville sainte, et jetés par Monsieur Trump  Dans la gueule du loup, ou dans les bras de leurs bourreaux.
Mais d'un autre côté, la décision de Trump dévoile au grand jour la grande hypocrisie de ceux qui, depuis 1967, cherchent la route de Jérusalem pour la libérer. Pour ces hypocrites, la route de Jérusalem passait tantôt à Beyrouth et Jounieh (Liban), tantôt à Sanaa (Yémen), ou encore à Alep et Homs (Syrie). Tous ceux qui appellent aujourd'hui à la mobilisation pour Jérusalem ont passé ces trois dernières décennies à tuer des musulmans pour le compte de l'axe dit de "résistance".

Cherchez l'erreur!

1 commentaire:

  1. Là, Waleed, sauf votre respect, vous vous trompez complètement. Dans moins de dix ans vous le verrez. Cette décision va seulement affaiblir vos ennemis, et progressivement libérer les Palestiniens de leurs griffes. Bien sûr les Ayatollahs tenteront d'en tirer avantage, mais leur pénétration dans les banlieues françaises est plus à craindre que leurs gains au Proche-Orient. -- Voyez plutôt les meilleurs intellectuels et politiques d'Egypte et du Golfe.

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