Ce n'est pas la haine qui m'a fait sortir de l'islam, c'est l'amour!

Par où commencer ? J’ai tellement de chose à dire, mais je vais faire concis. Tout d’abord je suis née en Algérie en 1999. Je suis issue d’une lignée de 7 enfants, moi étant la dernière des 7. Je suis venue en France lorsque j’avais 2 ans environ.


Ma famille n’est pas réellement très pratiquante. Enfin, ça dépend que veut dire « pratiquant » pour chacun, mais pour illustrer : mes trois sœurs portent le hijab et font leurs 5 prières par jour, sont mariées et ont des enfants. Deux d’entre elles travaillent et sont pharmaciennes, l’une ayant sa propre pharmacie.
Parmi mes 3 frères, il n’y a qu’un seul qui s’habille souvent en qamis pour aller à la mosquée, celui-ci fait ses prières assidument, même si sa compréhension de l’islam a toujours été un problème pour moi. Mes deux autres frères n’ont jamais été religieux, ils n’ont jamais eu de critiques sur cela, sauf des leçons de morale de la part de mes sœurs ou de ma mère leur faisant part de la gravité de leur négligence vis-à-vis de la religion. Pour résumer, ma famille dont ma mère ne se contentent que des 5 piliers de l’islam. Ils connaissent un minimum leur religion on va dire.

Lorsque je regarde les photos de famille des années 70-80, on peut voir ma mère en Algérie, tête haute, cheveux à l’air et minijupe, très amoureuse de mon père. C’est vers les années 90, que la religion a repris un contrôle important en Algérie, que la morale religieuse s’est répandue. Les femmes se sont voilées, et on leur apprend que leur place est à la maison et nulle part ailleurs, ainsi que leur rôle est d’enfanter et de plaire à leur époux. En tant que salafi, j’adorai ce changement, et je louais Allah d’avoir redonné un souffle à sa religion, mon pays était une grande fierté. En effet, c’est lorsque j’étais au collège que j’ai commencé à m’interroger sur ma foi religieuse et sur mes croyances en Dieu. Naturellement, étant musulmane d’origine, je me suis orientée vers cette religion pour avoir des réponses à mes questions.


Mes outils à cette époque était internet, les sites pro-islam ainsi que YouTube et Facebook qui ont été des facteurs clés dans mon cheminement. YouTube, c’était pour les vidéos de Rachid Abou Houdeyfa, et de Nasser Abou Anas, je me rappelle apprendre par ces derniers l’importance de la prière et la gravité de celui qui la délaissait la prière. Aussi, c’est à eux que je dois ma découverte de la gravité d’écouter de la musique en Islam. Je me rappelle fondre en larmes de culpabilité de ne pas être une bonne musulmane.
 Plus j’apprenais plus je me rendais compte de mon ignorance comme disait Al Albani. Plus j’avançais dans ma foi, plus je voulais renouveler mes amis. Je voulais de nouvelles fréquentations car l’Islam interdit les « mauvaises influences » qui étaient par exemple les musulmans qui s’adonnaient à des pratiques interdits comme l’alcool, les insultes etc… ou tout simplement les mécréants car ils pouvaient nous faire douter de l’islam. Je commençais à me créer un petit cocon sur les réseaux sociaux. Certains pensent que cela prend du temps, au contraire, quelques clics sur les comptes de « sœurs » et c’est fait. Dès lors mon fil d’actualité était encombré de « rappels islamiques », des cours sur l’islam, des articles sur tel et tel sujet, des statuts d’entraides entre sœurs converties, des ventes de djilbab, abaya, des annonces de mariages etc.

Tout s’est fait très vite, on m’a très vite fait comprendre que ma conception de la religion était majoritairement faussée et que je ne devais pas suivre certains imams (ceux qui appelaient au pacifisme, et qui appelaient les musulmans français à s’assimiler et éviter le communautarisme). 
Je n’acceptais pas cela sans rien dire évidemment, mais on ne peut riposter à quelqu’un qui vous envoie des preuves sur cela, des versets du Coran, des hadiths ainsi que des exégèses pour appuyer leurs positions. Ils avaient totalement raison. 
Je devais être une bonne musulmane, donc tout s’enchainait très vite, dès mon année de 3eme, on m’expliquait que le voile était une protection pour la femme contre les pervers hommes, et attirer les hommes par notre beauté n’était pas digne d’une vraie musulmane. Donc j’ai commencé à me voiler à cette âge-là, 14 ans. Je n’ai pas commencé avec le petit foulard rose avec les vêtements occidentaux, non. J’ai directement mis le djilbab- voile couvrant l’ensemble du corps afin qu’aucune forme ne paraisse. 
J’ai mis le djilbab car en Islam, le voile légiférer était celui-ci. Il devait remplir huit conditions 

      - Couvrir l’ensemble du corps excepté le visage et les mains (sujet à divergence, certains disent que l’ensemble de la femme est à couvrir car elle attirerait le regard des hommes)

  • -          Ne pas être une parure en soit.
  • -          Etre épais et non transparent.
  • -          Etre bien large et non moulant
  • -           Ne pas être parfumé
  • -          Ne pas ressembler aux vêtements des hommes
  • -          Ne pas ressembler aux vêtements des non musulmans
  • -          Ne pas être un vêtement de renommé (on ne le porte pas pour plaire aux autres mais à son Seigneur)
Forcément on m’avait enseigné que le voile accepté par Allah était que celui-ci, et que toutes les autres musulmanes qui ne s’habillaient pas comme cela étaient ignorantes. Et je pense toujours que cela soit vrai, car les textes sont clairs là-dessus, et un musulman qui est sincère envers lui-même, consulte les imams et étudie sa religion de lui-même verra que ces conditions ont été établis par les grands savants et exégètes de la religion islamique.
Plus le temps passait, plus j’approfondissais dans l’apprentissage de la religion. Je n’aurai jamais cru douter de ma religion et de ma foi. Si vous m’aviez dit que je finirai non musulmane à mes 18 ans, je vous aurais jeter du sable au visage. Je ne m’imaginais pas en dehors de l’islam, c’était impossible ! Douter ? Jamais. 

On nous apprend à ne pas douter, et le doute est un synonyme d’hypocrisie et de mécréance. Ma croyance m’organisait ma vie, mes journées, mes minutes ainsi que mes secondes. On nous apprend à ne pas perdre de temps dans les futilités (donc les films, séries, livres non religieux…). 


Tout devient soit haram, soit halal. Tout a une loi et des conditions qui suivent. Comment quelqu’un qui a tant cheminé sur cette voie-ci peut se dire du jour au lendemain « écoutez les gars, j’ai eu tort » et tout délaisser ? C’est impossible, surréaliste, et je suis fière de voir des gens comme moi qui ont su aller à l’encontre de ces textes et avoir eu le courage d’aller chercher ailleurs. Je vous avoue que pour moi, il a vraiment été très compliqué de délaisser la musique (considéré comme haram, car vient du diable), les séries ainsi que mes relations avec les non-musulmans. 


Dans le Coran explicitement, Allah dit qu’il ne faut absolument pas prendre les mécréants comme alliés car ils sont alliés les uns des autres. Les « savants » que j’écoutais disaient qu’il ne fallait pas avoir comme amis des infidèles car ils nous apportaient que de mauvaises influences et pouvaient nous faire renier l’islam. J’essayais de faire le mieux que je pouvais, mais je n’y arrivais sincèrement jamais, je les aimais du plus profond de mon âme et je les considérais comme des sœurs, ces amies. Malgré mes positions envers la religion, elles m’aimaient comme j’étais et me soutenait durant chacune de mes épreuves. Elles sont la source même de mes premiers questionnements ; comment un dieu peut-il considéré mes amies comme mauvaises ? 


Elles avaient un plus beau cœur que moi ! Comment peut-il dire que les mécréants nous détestent alors que mes amies me montraient totalement le contraire ? Je sais que cela ne plaira pas à plusieurs gens, mais ce n’est pas la haine qui m’a fait sortir de l’islam. C’est l’amour. Au contraire, plus on me détestait et on montrait de la haine à mon égard à cause de ma religion, plus je pensais que ma religion était vrai. Ainsi, ma foi augmentait. Mon dieu me disait que vous me détestiez, parce que j’étais musulmane, et vous, vous me prouvez que Dieu a raison ? Quelle mauvaise stratégie pour des gens défendant une si belle cause qu’est la liberté !


Je n’ai vraiment qu’un message à passer : Si on vous déteste, aimez. Ne haïssez pas les adeptes, car tous le monde est perfectible, et les ex-musulmans en sont une preuve. Critiquez le dogme, non les adeptes. J’ai une ferme conviction que le méchant n’est pas méchant volontairement, il l’est juste par ignorance

1 commentaire:

  1. Très beau témoignage, merci. Essayions de mettre en œuvre tes conseils

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